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Communiqué : fusion Paris IV – Paris VI

C’est dans la stupéfaction générale qu’a été reçu, mardi 15 septembre, l’annonce de la future fusion de notre université avec l’Université Pierre et Marie-Curie. Une annonce d’autant plus surprenante qu’elle a été faite par mail sans aucune consultation des membres des conseils centraux. L’AGEPS dénonce cette manière de procéder tout en réaffirmant son opposition à une fusion entre Paris-Sorbonne et l’UPMC.

En effet, l’absence de pourparlers avant une telle annonce, place le corps enseignant, administratif, et étudiant en position de fait accompli. Bien que des groupes de discussion soient envisagés par la suite, ceux-ci auraient dû être proposés avant. Une telle absence de démocratie interne ne permet pas d’envisager la prise en compte de nos revendications durant les groupes de discussion, et par conséquent, au sein d’une structure aussi importante que représenterait Paris IV et Paris VI une fois fusionnés.

De plus, maitriser l’art de la rhétorique ne devrait pas permettre à Barthelemy Jobert de mentir allègrement. Pourtant, en affirmant qu’ « il y a quatre ans, les conseils de nos établissements ont été élus dans la perspective de la création d’une université unique », M.Jobert élude les promesses et positions qu’il tenait à cette même époque, à savoir son opposition à l’idée d’une éventuelle fusion.

En plus d’un manque évident de démocratie, la présentation de cette « université unique » divisée en trois facultés semble dès à présent esquisser un déséquilibre criant entre d’une part, les facultés issues des formations que propose l’UPMC (médecine/ sciences et ingénierie) et, d’autre part, la faculté issue des formations que propose Paris-Sorbonne (Lettres et Sciences Humaines et Sociales). De fait, loin d’être une « création », la fusion de nos deux établissements risque avant tout d’être une destruction (emplois, contrats doctoraux, filières rares, … etc.) et risque d’avoir un impact négatif sur l’avenir des Lettres & SHS et des étudiants de Paris-Sorbonne. Une destruction dont l’objectif majeur est d’obtenir une bonne place dans le classement de Shanghai et pourrait à terme amener à une hausse conséquente des frais d’inscription.

L’AGEPS s’est toujours opposée à toute forme de fusion avec l’Université Pierre et Marie Curie, qu’il s’agisse d’une fusion totale des universités ou d’une « mutualisation » de certains services administratifs. En conséquence L’AGEPS s’engage à mettre tout en oeuvre pour éviter ce projet et préserver les droits et intérêts des étudiants de Paris-Sorbonne. Nous appelons également l’ensemble de la communauté étudiante à nous faire part de son avis et à être vigilante à l’évolution de la situation.

Communiqué sur la réforme des collèges

Un mois après avoir dévoilé les orientations de son projet de réforme du collège, la ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem a annoncé, le 10 avril dernier, l’adoption par le Conseil Supérieur de l’Éducation (CSE) de ladite réforme.

Cette dernière prévoit, en plus des enseignements communs, la création de huit Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) qui permettraient « aux élèves de comprendre le sens de leurs apprentissages en les croisant, en les contextualisant et en les utilisant pour réaliser des projets collectifs concret. » Ces projets s’inscriront dans l’un des huit nouveaux thèmes de travail correspondant aux enjeux du monde actuel, parmi lesquels « langues et culture de l’Antiquité » fera partie. Cependant, malgré sa dénomination, cet EPI ne donnera pas lieu à l’étude d’une langue ancienne et sera uniquement tourné vers la culture et la civilisation, dont l’enseignement pourra être dévolu à des professeurs issus de différentes disciplines. De facto, si un élève souhaite étudier le latin, il devra, non seulement choisir l’EPI « langues et culture de l’antiquité » mais aussi un enseignement complémentaire, afin d’étudier la langue (sous réserve d’horaires et de professeurs disponibles). À noter que les élèves motivés à suivre cet enseignement complémentaire disposeront d’une heure de moins d’étude de la langue que les actuels optionnaires. Qui oserait, à la lumière de ces faits, prétendre que l’enseignement du grec et du latin n’est pas remis en cause ? Qui aurait la malhonnêteté intellectuelle de dire que cette réforme ne vise pas à terme la suppression de ces enseignements ? Suivez le regard…

Certains prétendent au travers de leur prisme idéologique parfaitement aveugle aux données réelles, que le latin et le grec sont des langues « trop élitistes », participant à la monté des inégalités scolaires. Pourtant l’enseignement de ces langues avait été conçu pour les rendre accessibles à tous, et permet de surcroit une meilleure maitrise du français. De plus, l’introduction d’enseignements de langue latine et de langue grecque dans certains collèges de ZEP (Zone d’Éducation Prioritaire), aurait permis une amélioration du niveau des élèves et donc de ces établissements.

Vouloir supprimer l’enseignement de ces deux langues au nom de l’égalité est donc au mieux parfaitement stupide, au pire profondément malhonnête et contradictoire. Ajoutons que cela remet également en cause le fait même de mener des études en Lettres Classiques. Si le latin et le grec sont des langues trop élitistes, que dire de ceux et celles qui les enseignent et les étudient ? Aurons-nous ainsi droit à un discours prétendument égalitaire prônant la suppression de ces filières pour ne pas « favoriser les inégalités dans les études supérieures » ? C’est malheureusement la prochaine étape à franchir si l’on poursuit cette logique.

C’est pourquoi l’AGEPS s’engage contre cette réforme. Si de bons éléments pédagogiques sont avancés, il est certains, à terme, que la suppression de l’enseignement des langues latine et grecques ne sera que préjudiciable aux élèves et futurs étudiants.