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Communiqué sur la réforme des collèges

Un mois après avoir dévoilé les orientations de son projet de réforme du collège, la ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem a annoncé, le 10 avril dernier, l’adoption par le Conseil Supérieur de l’Éducation (CSE) de ladite réforme.

Cette dernière prévoit, en plus des enseignements communs, la création de huit Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) qui permettraient « aux élèves de comprendre le sens de leurs apprentissages en les croisant, en les contextualisant et en les utilisant pour réaliser des projets collectifs concret. » Ces projets s’inscriront dans l’un des huit nouveaux thèmes de travail correspondant aux enjeux du monde actuel, parmi lesquels « langues et culture de l’Antiquité » fera partie. Cependant, malgré sa dénomination, cet EPI ne donnera pas lieu à l’étude d’une langue ancienne et sera uniquement tourné vers la culture et la civilisation, dont l’enseignement pourra être dévolu à des professeurs issus de différentes disciplines. De facto, si un élève souhaite étudier le latin, il devra, non seulement choisir l’EPI « langues et culture de l’antiquité » mais aussi un enseignement complémentaire, afin d’étudier la langue (sous réserve d’horaires et de professeurs disponibles). À noter que les élèves motivés à suivre cet enseignement complémentaire disposeront d’une heure de moins d’étude de la langue que les actuels optionnaires. Qui oserait, à la lumière de ces faits, prétendre que l’enseignement du grec et du latin n’est pas remis en cause ? Qui aurait la malhonnêteté intellectuelle de dire que cette réforme ne vise pas à terme la suppression de ces enseignements ? Suivez le regard…

Certains prétendent au travers de leur prisme idéologique parfaitement aveugle aux données réelles, que le latin et le grec sont des langues « trop élitistes », participant à la monté des inégalités scolaires. Pourtant l’enseignement de ces langues avait été conçu pour les rendre accessibles à tous, et permet de surcroit une meilleure maitrise du français. De plus, l’introduction d’enseignements de langue latine et de langue grecque dans certains collèges de ZEP (Zone d’Éducation Prioritaire), aurait permis une amélioration du niveau des élèves et donc de ces établissements.

Vouloir supprimer l’enseignement de ces deux langues au nom de l’égalité est donc au mieux parfaitement stupide, au pire profondément malhonnête et contradictoire. Ajoutons que cela remet également en cause le fait même de mener des études en Lettres Classiques. Si le latin et le grec sont des langues trop élitistes, que dire de ceux et celles qui les enseignent et les étudient ? Aurons-nous ainsi droit à un discours prétendument égalitaire prônant la suppression de ces filières pour ne pas « favoriser les inégalités dans les études supérieures » ? C’est malheureusement la prochaine étape à franchir si l’on poursuit cette logique.

C’est pourquoi l’AGEPS s’engage contre cette réforme. Si de bons éléments pédagogiques sont avancés, il est certains, à terme, que la suppression de l’enseignement des langues latine et grecques ne sera que préjudiciable aux élèves et futurs étudiants.