Fermeture administrative de Clignancourt et Championnet, bloquage de la Sorbonne

Le centre Clignancourt a été bloqué pendant 20 minutes, avant que les policiers ne sortent de nouveau manu militari les étudiants mobilisés du centre (on a cessé de compter le nombre de fois où ils sont entrés). Quelques cours ont eu lieu, mais de nombreux étudiants n'ont pu entrer pour y assister, arrêtés par les policiers tout autour du centre. En effet, ce sont les CRS qui contrôlent les cartes régulièrement depuis plusieurs jours à Clignancourt, et qui bien souvent jugent au faciès. De nombreux étudiants sont très inquiets de la constitution d'une "liste noire" arbitraire, qui concerne autant des bloqueurs que des anti-bloqueurs.

Par la suite, le centre a été fermé administrativement, Championnet subissant le même sort aux alentours de midi alors que tout s'y déroulait normalement. Après cela, les policiers sont partis de Clignancourt, des renforts étant nécessaires à…Villiers-le-Bel.

Il est à noter que sur Clignancourt, plus aucun incident entre les bloqueurs et les anti-bloqueurs ne semble avoir lieu, qu'ils soient pour ou contre la loi. Et tous s'accordent à dire que les policiers n'ont rien à faire là. Encore une fois, l'AGEPS dénonce fermement la présence policière continue devant Clignancourt et devant la Sorbonne.

Concernant la Sorbonne, après l'AG  de lundi, le centre a été bloqué ce matin à chacune de ses portes. Après avoir essayé la fermeture administrative puis l'entrée répétée des policiers dans l'université, le rectorat a finalement opté ajourd'hui pour une solution nouvelle: laisser tout le monde entrer et voir ce que donne le cocktail. Evidemment, à chaque début d'heure, la tension monte entre bloqueurs et anti-bloqueurs en Sorbonne, mais pour l'heure personne ne peut entrer en Sorbonne, mis à part évidemment les administratifs, les professeurs, et les étudiants qui préparent les concours de l'enseignement.

Une manifestation partie de la place de la République se dirige actuellement vers la place de la Bastille. Elle rassemble quelques milliers d'étudiants. Nous actualiserons ce message ce soir.

Assemblées Générales et répression

L'Assemblée Générale de Clignancourt de ce lundi s'est déroulée sans problème particulier, les étudiants ayant pu prendre place dans un amphithéâtre. Après un point sur la loi, puis un autre sur la mobilisation et la répression policière, et enfin, un dernier sur les perspectives du mouvement, l'AG a voté la grève avec piquets de grève (blocage), à une large majorité.

Une heure à peine après le blocage, et malgré le fait que l'AG ait rassemblé de nombreux étudiants, c'est plus d'une centaine d'entre eux qui se sont fait sortir manu militari (et de manière vraiment musclée) de Clignancourt par les forces de polices. Il devenait habituel de les voir à l'extérieur du site (ce fut le cas en fin de semaine dernière), il devient maintenant commun de les voir entrer. Evidemment, de nombreux professeurs et étudiants, quel que soit leur avis sur le mouvement et la loi LRU, ont refusé de faire cours dans de telles conditions. L'AGEPS dénonce clairement l'entrée des forces de l'ordre à l'intérieur des universités, au mépris de la légitimité des Assemblées Générales et de la sécurité des étudiants.

Le blocage ayant été voté, il est possible qu'il soit effectif demain matin, mais bien évidemment M.M. Pfirsch et Pitte n'hésiterons pas à faire intervenir les forces de l'ordre. 

En Sorbonne, l'Assemblée Générale s'est terminée aux alentours de 17h, avec vote de la grève avec blocage. Impossible de savoir si la Sorbonne subira ou non des perturbations demain matin, la situation étant assez changeante dans ce genre de cas. Il est à signaler que l'AG a rassemblé de très nombreux étudiants, notamment vers la fin (Amphi Richelieu plein à craquer).

La mobilisation continue

Après deux jours de fermeture administrative sur décision du recteur vendredi matin, la Sorbonne doit normalement ré-ouvrir ses portes ce lundi matin, mais la grève avec piquets de grève a été votée lors de la dernière AG. Il est donc possible que la Sorbonne soit fermée demain matin. Une Assemblée Générale est prévue à 12h, rdv. Hall des Amphis. Elle se tiendra probablement, comme à l'habitude, Amphithéâtre Richelieu.

Une AG est aussi prévue au centre Michelet, à 11H, ainsi qu'une autre à Clignancourt à 12h ce lundi.  Enfin, sur Malesherbes, une AG est prévue mardi à 12h. Sur Michelet et Malesherbes, il ne devrait pas y avoir de problèmes pour leur tenue, mais sur Clignancourt les choses sont bien différentes, au vu des très difficiles relations avec l'administration, qui fait tout ce qu'elle peut pour empêcher leur organisation dans de bonnes conditions.

Retour sur la loi LRU

Combattre un texte nécessite avant tout de le comprendre. L’AGEPS a donc préparé une critique de la loi LRU, le but final étant de vous encourager à aller vous-même consulter le texte de loi!

Critique de la loi du 10 août 2007 relative aux

Responsabilités et Libertés des Universités (LRU)

La nouvelle loi relative au Responsabilités et Libertés des Universités (dite « LRU », du 10 août 2007) est présentée par le gouvernement comme la loi « la plus importante » de la législature. Cette petite révolution est censée fournir un socle aux futurs projets du gouvernement en matière d’enseignement supérieur et prétend régler tous les problèmes de gouvernance. Evidemment, la réalité est tout autre, et l’application (obligatoire sous les 5 ans) de cette loi risque d’être catastrophique pour l’avenir de l’Université française.

Sous le couvert de donner plus d’autonomie aux universités, la nouvelle loi transfère un certain nombre de tâches aux universités : de la gestion des personnels à la gestion des biens immobiliers en passant par la gestion de son budget et la recherche de nouveaux fonds. Or, les universités ne géreront ainsi que la pénurie puisqu’elles n’ont pas de terrains ou de fonds investis comme certaines universités anglo-saxonnes (on a appris la semaine dernière que l’université du Québec à Montréal est au bord de la banqueroute cela étant après avoir démultiplié les emprunts). Il s’agit de faire porter la responsabilité des réductions de budget, des recrutements précaires, moins coûteux, et des hausses de droits d’inscription qui seront inévitables (même si c’est en jouant sur les droits annexes) aux seules universités et non à l’Etat, alors même qu’aujourd’hui un étudiant français ne coûte quasiment rien.

I) Plus de pouvoirs pour moins de démocratie

Un tel objectif nécessite d’abord de réduire une démocratie universitaire déjà réduite.  La loi vise tout d’abord à une présidentialisation accrue de l’université (art.6), en concentrant tous les pouvoirs entre les mains d’un président élu pour 4 ans (mandat reconductible une fois) par un Conseil d’Administration (CA) restreint et non plus par le CA, le CS et le CEVU (art.7). Le CA, qui comptait jusqu’à présent 30 à 60 membres, passe de 20 à 30, avec plus de personnalités extérieures et au détriment du nombre d’étudiants (qui sont pourtant les premiers concernés par la vie de leur université). Cela interdit une vraie pluralité de la représentation étudiante et montre une volonté de museler des étudiants vus comme empêcheurs de tourner en rond et incapables de comprendre les enjeux de leur propre cadre d’étude. Le nouveau CA sera davantage soumis à la bonne volonté du président d’université qui nomme les personnalités extérieures tout en bénéficiant de la prime à la majorité pour les représentants des personnels enseignants (50% des sièges automatiquement, le reste étant distribué à la proportionnelle).

Le président va donc avoir les mains libres, sans réel contre pouvoir puisque les deux autres grands conseils des universités (Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire et Conseil Scientifique), qui garantissent la représentation de toutes les sensibilités et de toutes les disciplines, perdent leur pouvoir de proposition pour devenir uniquement des organes consultatifs (art.8 et 9). Rien n’obligera les futurs présidents d’université à écouter la communauté universitaire dans son ensemble, alors même que leur légitimité se trouve réduite par le nouveau mode d’élection à ce poste : d’un collège de plus de 100 personnes, on passe à un grand maximum de 22 personnes (bien moins pour de très nombreuses universités) qui vont participer à l’élection du président.

Ce président bien mal élu va avoir entre ses mains plusieurs leviers qui vont favoriser encore plus fortement toutes les formes de clientélisme déjà propre au système universitaire actuel, et en créer de nouvelles. Il aura tout d’abord un droit de veto pour le recrutement des personnels (art.6), ce qui soumet tout nouveau recrutement au cours de son mandat à son seul bon vouloir. Tout en dénonçant le clientélisme, le gouvernement l’institue par le biais de cette loi. Le président peut en outre recruter lui-même des contractuels à tous niveaux (art.19), y compris pour les professeurs de catégorie 1, c’est à dire les professeurs d’université, après un simple avis d’un comité de sélection qu’il désigne et qui remplace les commissions de spécialistes qui étaient élues et la mémoire qu’elles avaient du recrutement des enseignants sur plusieurs années. L’emploi de contractuels étant plus aisé à gérer pour les présidents-managers qu’institue cette nouvelle loi, cette disposition va évidemment encourager l’emploi précaire généralisé au sein des universités. On est ici dans l’application au monde universitaire d’une attaque globale menée contre la fonction publique.

Un autre levier est l’attribution des primes à tous les personnels affectés à l’établissement, qui est mis entre les seules mains du président (art.19). Le « cahier des charges en vue de l’élargissement des compétences des universités » (octobre 2007) exprime très clairement le but de cette disposition : le président d’université doit « récompenser le mérite et l’implication des personnels » en se fiant à son seul jugement (« en fonction de la manière de servir » dit le texte). Le clientélisme ne s’arrêtera pas au recrutement : il va jouer aussi son rôle dans l’attribution des primes, car qui peut vraiment croire que les critères de jugement seront réellement honnêtes (d’autant que le même cahier des charges en réduit le nombre pour les concentrer sur quelques-uns) ? On ne peut que douter de l’impartialité dont vont faire preuve les présidents d’université à ce sujet, même si la droite semble y croire…

II) L’organisation de la pénurie financière des universités

Le problème majeur que pose ce texte concerne le financement des universités. En organisant la pénurie financière des universités (malgré les annonces…), le gouvernement encourage les financements privés par le biais des fondations universitaires (art.28). Or, il est déjà possible de recevoir des fonds privés et autres legs. Lorsque cela n’est pas possible dans une université, il suffit de changer les statuts sur un point : l’objectif du gouvernement est donc autre. Au lieu de donner directement des fonds publics, le gouvernement préfère donner de l’argent aux entreprises qui vont pouvoir dorénavant défiscaliser leurs « dons » (à hauteur de 0,5% du chiffre d’affaires) qui vont alors en donner aux universités, en fonction d’intérêts qui seront bien évidemment les leurs et non pas ceux des universités. Les réductions d’impôts pour les dons aux établissements d’enseignement supérieur étaient déjà prévues par le code des impôts, mais nécessitaient que les établissements en question soient agréés par l’Etat. Ce dispositif était donc très peu utilisé. Avec cette nouvelle loi, la nécessité d’agrément disparaît. Mieux encore, le nouveau texte prévoit pour ces entreprises une place accrue dans les CA (art.7), ce qui va leur permettre d’avoir un poids encore plus important que par la simple pression informelle qu’elles auraient pu exercer sur les cursus et les formations. On est loin du mécénat tant attendu et tant vanté par le gouvernement : c’est un circuit de financement déjà existant qui est aujourd’hui clairement favorisé et qui prépare un évident désengagement de l’Etat dans le financement des universités et de la vie étudiante. D’ailleurs, malgré les propos du Président de la République, aucune loi de financement ne semble prévue. Le peu d’argent supplémentaire qui a d’ailleurs été octroyé au logement étudiant il y a quelques jours a été pris sur les fonds qui devaient servir au désamiantage de Jussieu…

Le risque d’aggraver les inégalités entre les établissements et les filières (notamment entre les établissements de sciences dures et ceux de sciences humaines) est flagrant, car il est évidemment plus rentable de financer des recherches en physique qu’en philosophie. Puisqu’on pourra créer et supprimer des UFR (sur décision du CA)bien plus aisément qu’auparavant, il y a clairement un risque de disparition des filières jugées « non rentables » (art.14) comme le latin ou la philosophie. Des exemples comme la filière aujourd’hui en création à l’université de Cergy-Pontoise en éthique des Affaires (UFR de Droit), financée entièrement par des entreprises comme l’Oréal afin de servir de caution éthique, risquent de se multiplier. C’est évidemment un risque pour l’autonomie pédagogique de nos enseignants-chercheurs qui a pourtant été acquise de haute lutte. C’est enfin la possibilité accrue de voir arriver des filières ultra spécialisées (type filière « Michelin », qui peuvent laisser de nombreux étudiants sur le carreau en cas de délocalisation et limitent les possibilités de reconversion au cours de la vie active).

Les inégalités entre établissements risquent de s’aggraver encore plus avec un autre dispositif de la loi Pécresse qui marque de manière très claire le désengagement de l’Etat : les universités vont dorénavant pouvoir disposer (à condition qu’elles en fassent la demande) de « la pleine propriété des biens mobiliers et immobiliers appartenant à l’Etat qui leur sont affectés ou sont mis à leur disposition », qu’elles pourront par la suite vendre librement (art.33 et art.34). Cela concerne donc les bâtiments, mais bien d’autres choses aussi, comme les fonds des bibliothèques. Mais bien évidemment, la valorisation du patrimoine des différentes universités n’est pas du tout la même selon les régions et les établissements. Certains établissements vont sauter sur l’occasion car ils disposent de biens rénovés et/ou récents, mais d’autres ne sont pas de ce cas et auront bien moins de choses intéressantes à vendre. On accélère ici la marche vers un système universitaire à deux vitesses : d’un côté les meilleurs établissements, qui sont déjà riches, prestigieux et vont profiter de ce dispositif, de l’autre côté les autres qui ne seront pas tentés de demander le transfert de leurs biens immobiliers car ce serait prendre le risque de grever un budget qui est déjà limité. Les meilleures universités vont donc voir leur niveau progresser tandis que les autres resteront les parents pauvres du système éducatif français, bridées par le désengagement progressif de l’Etat et dernières représentantes du service public d’éducation.Evidemment, on ne se privera pas alors pour fustiger la soi-disant inefficacité du service public. « Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la gale »…

III) Le risque d’une sélection cachée à l’entrée de l’université

Il y a enfin un risque pour les étudiants de présélection cachée à l’entrée de l’université, qui est à mettre en relation avec les autres dispositifs de la loi et avec les précédents projets du gouvernement concernant l’université, notamment le dispositif dit « d’orientation active » de l’ancien ministre François Goulard. La généralisation des dispositifs de préinscription (art.20) va permettreaux universités d’avoir plus d’informations sur le parcours scolaire des nouveaux étudiants. Cela va donner la possibilité aux établissements les mieux dotés et les plus prestigieux de dissuader certains étudiants de s’inscrire : sans garde-fou, il y a donc un grand risque que ce dispositif soit détourné et oriente les étudiants vers les différentes universités en fonction de leur niveau. C’est évidemment une remise en cause supplémentaire du caractère national de nos diplômes qui finiront par n’avoir de valeur aux yeux des employeurs qu’en fonction de l’établissement qui les ont délivrés et non plus en fonction de leur contenu. Le projet de loi présente de plus ce dispositif comme étant un nouveau système d’orientation des bacheliers, mais il est évident qu’un simple avis favorable ou défavorable donné à l’étudiant ne règlera en rien le déficit de notre système d’orientation. C’est en amont qu’il faudrait agir, afin d’informer et d’orienter plus efficacement dès le lycée. Malheureusement, cela nécessite de faire le choix politique de d’octroyer des fonds au service public d’éducation français.

Mobilisation (suite)

Entre mercredi et jeudi, Paris IV a vécu à l'heure de la mobilisation contre la loi LRU, avec une Assemblée Générale sur chacun des grands centres de cours et une manifestation ce jeudi après-midi en direction du ministère.

A Clignancourt, l'AG a eu lieu mercredi à 12h et le blocage partiel a été voté (c'est à dire le blocage les jours de manifestation). Il semble que l'AG se soit déroulée dans une ambiance un peu meilleure que la précédente.

A Malesherbes, l'AG de jeudi 12h a réuni environ 80 étudiants, sans que le blocage ne soit voté. Comparé à la précédente, qui avait rassemblée 600 étudiants, on constate un net recul en terme de présence. Il va falloir remédier à cela et l'AGEPS appelle tous les étudiants à se rendre en Assemblée Générale.

A Michelet, l'AG a eu lieu à 11h ce jeudi et elle a rassemblé environ 120 personnes. Un bilan de la mobilisation a été fait et des perspectives ont été abordées, notamment l'organisation de cours alternatifs, débats sur l'avenir de l'université ou des filières comme l'histoire de l'art ou l'archéologie. 2 déléguées (1 ancienne et 1 nouvelle) ont été mandattées pour se rendre à la coordination nationale, à Lille, avec un mandat semi-impératif. Le blocage a été voté pour les jours de manifestation, c'est à dire à compter du jour même. La prochaine Assemblée Générale aura lieu lundi matin dans le grand amphi.

A la Sorbonne, l'AG de ce matin à 10h a réuni de 250 à 400 étudiants selon les moments. L'importance de la construction d'actions et d'évènements en commun avec les enseignants et personnels universitaires a été rappelée.  La grève avec piquets de grève (blocage) a été voté, et la Sorbonne devrait donc être fermée demain matin (vendredi). 5 délégués (1 ancien et 4 nouveaux) ont été mandatés pour aller à la coordination nationale de Lille ce week-end.

La manifestation d'aujourd'hui a rassemblé plusieurs milliers d'étudiants, qui sont partis de la Sorbonne pour aller vers le ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche. Evidemment, malgré le fait que le parcours avait été déposé, des camions anti-émeute et nombre de CRS ont arrêté la manifestation en empêchant toute sortie des étudiants du côté du Panthéon, créant ainsi un dangereux goulot d'étranglement qui aurait pu faire dégénérer la situation. Les étudiants, responsables, ne sont pas tombés dans le piège, mais vu la configuration des lieux, on est en droit de se demander ce que voulaient vraiment ceux qui avaient mis en place le barrage. La manifestation s'est dispersée vers 18h.

Nouvelles de la mobilisation

Il y a peu d'étudiants en ce moment à la fac en raison des problèmes de transport, mais apparemment le trafic est en train de reprendre lentement. J-R. Pittre ayant voulu à tout prix ré-ouvrir les centre aujourd'hui malgré le manque de sécurité, il semble que quelques (rares) cours se soient tenus, tout du moins à Clignancourt et à Malesherbes, la Sorbonne ayant été très perturbée ce matin et donc fermée administrativement.

Demain matin, la Sorbonne devrait être re-bloquée mais impossible de savoir jusqu'à quel moment de la journée le blocage tiendra. Une AG est prévue en Sorbonne à 10H jeudi matin, le 22, avant la manifestation a appelé la coordination nationale réunie à Tours ce week-end, et à laquelle l'AGEPS appelle évidemment elle aussi. Concernant Malesherbes, il n y a rien de bien prévu avant l'AG de jeudi à 10H. Une AG est prévue demain (mercredi) à Clignancourt, à 12H, ainsi que le blocage du site demain matin avant celle-ci (à propos duquel nous rappelons que nous considérons l'AG de 60 personnes qui l'a voté comme illégitime après celle de 600 personnes qui l'avait précédée).

La manifestation d'aujourd'hui s'est bien déroulée, avec des cortèges d'étudiants plutôt nombreux, et environ 60 000/70 000 personnes dans Paris (12 personnes selon la police :p). Nous avons défilé aux cris de "A ceux qui veulent, précariser les facs, les jeunes répondent, résistance" et autres slogans. La prochaine manifestation, plus tournée vers les universités et non pas vers le service public en son entier, est prévue jeudi à 14h.

Manifestation à 14h, RDV Place d’Italie

Concernant Clignancourt, après l'Assemblée Générale à 630 personnes de lundi dernier, une petite AG de 50-60 personnes a décidé de voter sur la question du blocage malgré ce qui avait été dit jeudi, et donc de manière illégitime. Le blocage a donc été plus ou moins tenu ce lundi matin, mais cela logiquement dégénéré. A la suite de quelques "affrontements" entre bloqueurs et anti-bloqueurs, J-R. Pitte, le président de Paris IV, a fait fermer administrativement Clignancourt en faisant intervenir les forces de l'ordre.

Il a cependant dit cet après-midi que Clignancourt serait ouvert demain, ainsi que Malesherbes et la Sorbonne, malgré le fait qu'il soit impossible de respecter les conditions de sécurité (les appariteurs ne pourront être présents en nombre). Cela est réellement scandaleux : le président, souhaitant à tout prix ouvrir les centres de cours, a été incapable de nous dire ce soir ce qu'il comptait faire pour assurer la sécurité des étudiants quand nous sommes allé lui poser la question.

Aujourd'hui, il n y a pas eu d'AG a Malesherbes (trop peu d'étudiants présents) ni à Clignancourt du fait de la fermeture. Une AG de 200-300 personnes s'est cependant tenue en Sorbonne, elle a voté de nombreuses motions, réaffirmant la nécessité de convergence des luttes, dénonçant l'attitude scandaleuse de l'UNEF depuis le début de ce mouvement et plus précisément à la coordination de Tours, ce week-end (voir "suite"), etc. L'AG a aussi voté la grève, avec piquets de grève (blocage) ainsi que l'occupation, tout cela à partir de demain matin.

La Sorbonne devrait donc être largement perturbée, Malesherbes ne devrait pas l'être, et il est assez difficile de savoir ce qu'il va se passer a Clignancourt, mais a priori quelques cours devraient se tenir malgré le jour de mobilisation nationale. Ceci dit, de nombreux professeurs ont décidé de ne pas assurer les cours compte tenu des conditions de sécurité et aussi parcequ'ils sont en grève avec tous les fonctionnaires, afin de défendre le service public, y compris, évidemment, le service public d'éducation. Evidemment, nous vous invitons à vous rendre à la manifestation, à 14h Place d'Italie.

Enfin il y a eu aujourd'hui à 10h une Assemblée Générale à Michelet. Elle a voté la grève des etudiants de michelet du 20 au 22 novembre, la tenue d'une AG le jeudi 22 novembre à 11h dans le grand Amphi et apelle à la manifestation du 20 novembre ainsi qu'à la manifestation étudiants/lycéens le 22, avec un départ à 15 h de la Sorbonne.

 

Motion votée par l’AG de la Sorbonne du lundi 19 novembre

Nous étudiants de la Sorbonne réunis en assemblée générale ce lundi 19 novembre, tenons à dénoncer l'attitude des militants de l'UNEF lors de la coordination nationale de Tours.

Alors que la coordination nationale est le lieu de concertation de toutes les universités mobilisées contre la LRU, l'UNEF, qui ne s'est toujours pas prononcée pour l'abrogation de cette loi, pour la simple raison qu'elle a participé à son élaboration, a tout mis en oeuvre à l'occasion de la coordination nationale pour mettre la main sur le mouvement par des méthodes plus ou moins frauduleuses : envoi de délégations par des AG fictives, envoi massif d'observateurs chargés d'influencer les débats, soutien systématique et coordonné de toutes les mesures nuisibles pour la lisibilité du mouvement (augmentation du nombre de porte-parole de 8 à 16).

Clairement l'UNEF est l'adversaire des étudiants qui s'organisent par eux-mêmes en assemblée générale et de tous ceux qui souhaitent l'abrogation sans négociations de la LRU. Face à cette offensive anti-démocratique, nous proposons le refus lors de la prochaine coordination nationale des délégations litigieuses, l'exigence d'un positionnement clair de l'UNEF pour l'abrogation sans négociations de la LRU.

La mobilisation continue

Après le vote du blocage par l'AG de la Sorbonne mardi 13, celle-ci a été effectivement bloquée mercredi toute la journée.

Aujourd'hui jeudi elle ne l'était plus, mais une AG de plus de 500 étudiants s'est tenue (amphi Richelieu plein). Elle a voté au moins sur une vingtaine de points que nous vous rapporterons en détail le plus vite possible (en vrac: maintient de la bibliothèque de la Sorbonne, solidarité avec les autres mouvements, abrogation de la loi Pécresse,…). Elle a aussi voté la grève, le blocage et l'occupation, à une large majorité à chaque fois. La Sorbonne risque donc d'être fortement perturbée demain, d'autant plus que le blocage du Conseil d’Administration de Paris IV, qui doit se tenir à 9h30 est prévu aussi.

Une seconde AG s'est déroulée dans la journée à Michelet (lieu de cours des Historiens de l'Art et Archéologues). Elle a réunit de 70 à 80 personnes et a voté l'abrogation de la loi Pécresse, la mise en place de tables d'information, ainsi que la mise en place d'un barrage filtrant. Une nouvelle AG se tiendra à Michelet lundi à 10h.

Une Assemblée Générale est prévue demain (vendredi) à Clignancourt à 14h, ainsi qu’une autre à Malesherbes lundi à 12h. La prochaine Assemblée Générale de la Sorbonne se tiendra lundi après-midi à 15h.

Dernières nouvelles de la mobilisation

L'AG de Malesherbes du 13/11 a été assez longue et a rassemblé de très nombreux étudiants (plus de 550, ce qui est beaucoup pour ce centre). Les débats ont été assez long et souvent intéressants. Le blocage a été rejeté à 272 voix contre 221, avec 39 blancs ou nuls.

L'AG de la Sorbonne du même jour a été beaucoup plus mouvementée: les étudiants mobilisés ont forcé les portes de l'amphi Richelieu, qui étaient tenues fermées par les vigiles du rectorat, afin de pouvoir organiser l'AG. L'AG s'est déroulée dans une ambiance plutôt chaude, et a voté le blocage, la grève et l'occupation. La Sorbonne a cependant été évacuée par les étudiants eux-mêmes vers 19H30: cela faisait plus de 3h qu'on ne pouvait de toute manière y pénétrer. La Sorbonne a été effectivement bloquée ce mercredi. Impossible pour l’instant de savoir si elle sera ouverte jeudi matin, mais le blocage est censé se poursuivre jusqu’à la nouvelle AG de la Sorbonne organisée jeudi à 14h.