Suppression des aides du CROUS pour les agrégatifs : un scandale !

La nouvelle choque et ce à raison. Le CROUS ne donnera plus de bourses aux étudiants qui préparent l’agrégation. Ce concours permet de recruter les futurs professeurs de l’enseignement secondaire (collège et lycée) mais il constitue aussi une étape difficilement contournable pour qui souhaite se tourner vers une carrière d’enseignant-chercheur.

Ce changement de politique est brutal, les étudiants préparant ou souhaitant préparer l’AGREG ne sont avertis que lorsqu’ils font la demande d’une bourse ou demandent son renouvellement. Ils se retrouvent ainsi dans une situation extrêmement précaire, faussement justifiée par le fait que ces étudiants préparent un concours et ne sont pas dans un cursus « classique » licence-master-doctorat. Cette excuse est honteuse et démontre une méconnaissance réelle du monde universitaire, où les étudiants préparent souvent l’AGREG à l’issue de leur Master 2 en considérant que c’est une suite logique à leurs études.

Cette mise en application brutale, sans communication, ni du CROUS ou du CNOUS ni du ministère, met les étudiants face au fait accompli en prenant le risque de détruire des parcours pour l’instant irréprochables. Professeurs comme étudiants sont choqués par cette nouvelle encore méconnue de la grande majorité de la communauté estudiantine (qui poursuit des parcours qui peuvent leur être pourtant bloqués).

Comment accepter que la préparation d’un concours aussi exigent que l’AGREG puisse se faire sans aide de l’Etat alors que les coûts qu’elle engendre (livres, conférences, expositions…) la ferment à tous les revenus modestes ? La préparation de ce concours exige du candidat une disponibilité totale, il est donc impossible de financer par soi-même son année à moins que l’étudiant puisse compter sur ses parents, s’ils sont à même de l’aider financièrement.

C’est là que réside le plus grand scandale : avec cette décision, le ministère ferme tout simplement les portes de l’agrégation à tous les étudiants qui ne peuvent se reposer sur  les revenus de leurs parents. Ce concours, voie d’accès à la fonction publique et aux emplois d’enseignants, n’est donc plus du tout accessible à tous et interdit l’égalité des chances par une discrimination sociale. Nous sommes désormais dans un schéma où les étudiants aisés peuvent tenter des concours donnant accès à l’emploi tandis que les moins fortunés s’ils veulent réussir à avoir les mêmes possibilités devront se tourner vers des emprunts qui, même dans le cas de réussite au concours, les pénaliseront à leur arrivée sur le marché du travail. Il semble désormais que l’enseignement supérieur ne soit plus ouvert qu’aux plus aisés, que l’on souhaite être professeur ou étudiant.

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