Journée internationale des droits de la femme : où en est-on à l’Université ?

Suite à la tenue de la journée internationale des droits de la femme le 8 mars dernier, l’AGEPS réagit au principe de cette journée et en profite pour rappeler les difficultés d’imposer une véritable égalité des sexes au sein de l’Université française

Lénine a fixé cette date en 1921 pour souligner le rôle que jouèrent les femmes dans la révolution. Elle est, depuis, devenue l’occasion de promouvoir les droits des femmes dans le monde, et de noter les progrès faits en ce sens.

Le thème étant vaste, nous nous proposons de nous concentrer sur les progrès accomplis et ceux à accomplir actuellement dans les universités françaises. Nous avons déjà abordé ce sujet dans Le Sorbonnard Déchaîné n°37. Cependant, depuis sa parution, quelques changements sont advenus, il convient que nous les étudions.

L’Université française n’est pas, loin s’en faut, un exemple d’égalité Femmes-Hommes. Plus nous montons dans la hiérarchie des universités, moins les femmes sont présentes. Pour endiguer ce problème patent, le gouvernement impose désormais la parité dans les conseils de l’université. Si ces réformes partent d’une bonne intention, permettre aux femmes d’être mieux représentées dans un milieu où elles sont depuis 30 ans majoritaires, elle pose cependant des problèmes pratiques. En effet, dans les conseils d’UFR, la parité engendre de sérieux problèmes, car il n’y a pas autant d’hommes que de femmes dans leurs effectifs propres. En LEA, par exemple, nous pouvons constater qu’il y a une très grande majorité de femmes, la parité empêchera donc certaines femmes qui le souhaiteraient de siéger dans ces conseils, au profit d’hommes. D’autres solutions doivent pourtant exister et mériteraient d’être étudiées, pour lutter contre la sous-représentation des femmes dans le milieu universitaire.

Un autre sujet qui est, malheureusement, toujours d’actualité doit mériter notre attention : le harcèlement sexuel à l’université. La réalité du harcèlement sexuel est bien souvent ignorée, et aucun chiffre à ce sujet n’est disponible. De plus, la procédure est complexe, les procès sont jugés par les pairs de l’accusé, rarement neutres, l’affaire ne peut être entendue qu’avec l’accord du Président de l’université, et seul l’accusé a la possibilité de faire appel de la décision. Il est heureusement possible, depuis peu, de demander un dépaysement de l’affaire, si la section disciplinaire ne semble pas neutre. Cet amendement de la loi, bien qu’allant dans la bonne direction, n’est cependant pas suffisant !

Nous demandons donc la tenue, au sein de notre université, d’une commission sur le harcèlement, notamment sexuel. Bien que la mise en place de solutions soit complexe, il est évident que la pire action à entreprendre face à ces pratiques est l’inaction.

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