Archives de catégorie : Communiqués de presse

Fusion Paris IV/Paris VI : Campagne de communication

Partant du constat que la majorité de la communauté étudiante n’était pas avertie du projet de fusion entre l’université de Paris-Sorbonne et l’université Pierre et Marie-Curie, l’AGEPS a décidé d’entreprendre une campagne de communication autour de ce thème. Parmi les étudiants intéressés et opposés à ce projet, beaucoup nous ont demandé ce que la communauté étudiante pouvait y faire, et si nous envisagions d’organiser quelque chose.

De deux choses l’une : l’AGEPS est ravie de constater que, contrairement à ce que certains veulent faire croire, la communauté étudiante se sent concernée par les questions universitaires (encore faut-il qu’elle soit mise correctement au courant !) et nous souhaitons apporter ici quelques réponses à vos interrogations et quelques informations susceptibles de vous intéresser.

– Avant d’envisager toute sorte de mobilisation, l’AGEPS souhaite communiquer au maximum cette information à la communauté étudiante. Dans l’état actuel des choses, nous ne pouvons nous permettre d’organiser une quelconque mobilisation, celle-ci risquerait de tomber à l’eau et de décrédibiliser le mouvement.

– l’AGEPS travaille avec les syndicats professionnels de Paris-Sorbonne à l’élaboration d’une Assemblée Générale commune sur la question de la fusion.

– Tous les élus de l’AGEPS travaillent activement autour de cette question, afin de la contrer, et, dans le cas où ce projet verrait malheureusement le jour, de conserver tous les droits étudiants et préserver les Sciences Humaines et Sociales au sein de Paris-Sorbonne.

– La mise en place de ce projet de fusion est avant tout tributaire de la future élection présidentielle (de notre université bien sûr). Si le président actuel, Barthélémy Jobert, est réélu, nous irons tout droit vers la fusion. En revanche, si une liste dissidente contre la fusion émerge et se fait élire, alors nous pourrons réellement envisager les choses autrement. Certains d’entre vous nous demande comment voter. Il s’agit en réalité d’une élection indirecte : seuls les élus du Conseil d’Administration de l’université voteront pour le prochain président. Il s’agit alors pour vous d’élire les bons représentants étudiants lors des futures élections étudiantes.

– Le prochain Sorbonnard Déchainé comportera un article de 6000 signes entièrement consacré à la fusion.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter.

Communiqué : fusion Paris IV – Paris VI

C’est dans la stupéfaction générale qu’a été reçu, mardi 15 septembre, l’annonce de la future fusion de notre université avec l’Université Pierre et Marie-Curie. Une annonce d’autant plus surprenante qu’elle a été faite par mail sans aucune consultation des membres des conseils centraux. L’AGEPS dénonce cette manière de procéder tout en réaffirmant son opposition à une fusion entre Paris-Sorbonne et l’UPMC.

En effet, l’absence de pourparlers avant une telle annonce, place le corps enseignant, administratif, et étudiant en position de fait accompli. Bien que des groupes de discussion soient envisagés par la suite, ceux-ci auraient dû être proposés avant. Une telle absence de démocratie interne ne permet pas d’envisager la prise en compte de nos revendications durant les groupes de discussion, et par conséquent, au sein d’une structure aussi importante que représenterait Paris IV et Paris VI une fois fusionnés.

De plus, maitriser l’art de la rhétorique ne devrait pas permettre à Barthelemy Jobert de mentir allègrement. Pourtant, en affirmant qu’ « il y a quatre ans, les conseils de nos établissements ont été élus dans la perspective de la création d’une université unique », M.Jobert élude les promesses et positions qu’il tenait à cette même époque, à savoir son opposition à l’idée d’une éventuelle fusion.

En plus d’un manque évident de démocratie, la présentation de cette « université unique » divisée en trois facultés semble dès à présent esquisser un déséquilibre criant entre d’une part, les facultés issues des formations que propose l’UPMC (médecine/ sciences et ingénierie) et, d’autre part, la faculté issue des formations que propose Paris-Sorbonne (Lettres et Sciences Humaines et Sociales). De fait, loin d’être une « création », la fusion de nos deux établissements risque avant tout d’être une destruction (emplois, contrats doctoraux, filières rares, … etc.) et risque d’avoir un impact négatif sur l’avenir des Lettres & SHS et des étudiants de Paris-Sorbonne. Une destruction dont l’objectif majeur est d’obtenir une bonne place dans le classement de Shanghai et pourrait à terme amener à une hausse conséquente des frais d’inscription.

L’AGEPS s’est toujours opposée à toute forme de fusion avec l’Université Pierre et Marie Curie, qu’il s’agisse d’une fusion totale des universités ou d’une « mutualisation » de certains services administratifs. En conséquence L’AGEPS s’engage à mettre tout en oeuvre pour éviter ce projet et préserver les droits et intérêts des étudiants de Paris-Sorbonne. Nous appelons également l’ensemble de la communauté étudiante à nous faire part de son avis et à être vigilante à l’évolution de la situation.

Communiqué sur la réforme des collèges

Un mois après avoir dévoilé les orientations de son projet de réforme du collège, la ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem a annoncé, le 10 avril dernier, l’adoption par le Conseil Supérieur de l’Éducation (CSE) de ladite réforme.

Cette dernière prévoit, en plus des enseignements communs, la création de huit Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) qui permettraient « aux élèves de comprendre le sens de leurs apprentissages en les croisant, en les contextualisant et en les utilisant pour réaliser des projets collectifs concret. » Ces projets s’inscriront dans l’un des huit nouveaux thèmes de travail correspondant aux enjeux du monde actuel, parmi lesquels « langues et culture de l’Antiquité » fera partie. Cependant, malgré sa dénomination, cet EPI ne donnera pas lieu à l’étude d’une langue ancienne et sera uniquement tourné vers la culture et la civilisation, dont l’enseignement pourra être dévolu à des professeurs issus de différentes disciplines. De facto, si un élève souhaite étudier le latin, il devra, non seulement choisir l’EPI « langues et culture de l’antiquité » mais aussi un enseignement complémentaire, afin d’étudier la langue (sous réserve d’horaires et de professeurs disponibles). À noter que les élèves motivés à suivre cet enseignement complémentaire disposeront d’une heure de moins d’étude de la langue que les actuels optionnaires. Qui oserait, à la lumière de ces faits, prétendre que l’enseignement du grec et du latin n’est pas remis en cause ? Qui aurait la malhonnêteté intellectuelle de dire que cette réforme ne vise pas à terme la suppression de ces enseignements ? Suivez le regard…

Certains prétendent au travers de leur prisme idéologique parfaitement aveugle aux données réelles, que le latin et le grec sont des langues « trop élitistes », participant à la monté des inégalités scolaires. Pourtant l’enseignement de ces langues avait été conçu pour les rendre accessibles à tous, et permet de surcroit une meilleure maitrise du français. De plus, l’introduction d’enseignements de langue latine et de langue grecque dans certains collèges de ZEP (Zone d’Éducation Prioritaire), aurait permis une amélioration du niveau des élèves et donc de ces établissements.

Vouloir supprimer l’enseignement de ces deux langues au nom de l’égalité est donc au mieux parfaitement stupide, au pire profondément malhonnête et contradictoire. Ajoutons que cela remet également en cause le fait même de mener des études en Lettres Classiques. Si le latin et le grec sont des langues trop élitistes, que dire de ceux et celles qui les enseignent et les étudient ? Aurons-nous ainsi droit à un discours prétendument égalitaire prônant la suppression de ces filières pour ne pas « favoriser les inégalités dans les études supérieures » ? C’est malheureusement la prochaine étape à franchir si l’on poursuit cette logique.

C’est pourquoi l’AGEPS s’engage contre cette réforme. Si de bons éléments pédagogiques sont avancés, il est certains, à terme, que la suppression de l’enseignement des langues latine et grecques ne sera que préjudiciable aux élèves et futurs étudiants.

Charlie Hebdo

 

L’attaque récente contre Charlie Hebdo et l’assassinat de citoyens français a laissé l’ensemble de notre société sous le choc. En tant qu’association étudiante et citoyenne français nous dénonçons unanimement les différents attentats commis dans les semaines précédentes et adressons nos pensées et nos sincères condoléances aux familles et proches des victimes.

Si ces événements sont considérés par beaucoup comme une déclaration de guerre dont l’origine se trouve en dehors de notre territoire, ils peuvent également être analysés comme étant le résultat d’une rupture interne à notre pays. Plus qu’une atteinte à la liberté d’expression, ces actes barbares représentent une attaque envers notre modèle en crise et peut-être inadapté à certains égards. Ce sont donc également l’ensemble des institutions françaises qui sont touchées et en particulier celle de l’éducation, lieu de transmission et d’appropriation de nos valeurs et de notre vision du monde. Ainsi, ne nous restreignons pas à une vision manichéenne des choses qui empêcherait toute remise en question et nous des-servirait dans les années à venir. Ne tombons pas non plus dans un radicalisme anti-Islam voire antireligieux. Si nous tenons réellement à la démocratie et à notre vision de la république, nous ne pouvons décemment pas nous résoudre à affronter un extrémisme par un autre.

En tant qu’étudiants et acteurs de demain, il est dès à présent important d’ouvrir notre pensée et notre réflexion afin de trouver des solutions pour repenser le « vivre ensemble ». Il nous faut agir vite afin d’éviter le plus possible que de telles tragédies se répètent sur notre territoire, en particulier si elle sont perpétrées par nos propres concitoyens.

L’AGEPS réagit contre le harcèlement sexuel sous toutes ses formes

Suite à deux nouveaux scandales de harcèlement sexuel dans le milieu universitaire, l’AGEPS a décidé de réagir avec un communiqué demandant aux administrations des universités d’agir contre ce fléau.

Face à la gravité du sujet, certaines précautions sont nécessaires mais face à son importance l’inaction est insupportable. Le harcèlement sexuel dans les universités françaises est un tabou qui ne peut rester secret. Son importance reste bien trop souvent minorée ou cachée en France quand les autres pays du monde mettent en garde les étudiantes Erasmus des risques de harcèlement dans nos universités.

Deux cas nous poussent aujourd’hui à réaffirmer l’urgence qu’il y a à changer l’inaction des institutions. La première est l’agression sexuelle commise par un enseignant-chercheur de Bordeaux sur la fille lourdement handicapée d’une de ses collègues. Reconnu coupable et, n’ayant pas fait appel, il ne sera condamné qu’à l’interdiction d’enseigner (le rêve d’un très grand nombre d’enseignants-chercheurs). La seconde affaire est celle du procès d’un professeur de la Sorbonne qui n’aura pas lieu pour cause de censure par le Conseil Constitutionnel de la loi sur le harcèlement sexuel. Mais aussi, pour toutes ces agressions, quotidiennes et quotidiennement impunies, il nous apparaît urgent que l’université prenne l’initiative d’endiguer ce fléau.

Ce fléau qui touche tous les acteurs évoluant au sein des universités françaises (les cas de harcèlements de personnel sur personnel sont aussi le quotidien de l’université où le grade est souvent synonyme d’impunité) et montre le retard accumulé par les facultés quant à la reconnaissance notamment du harcèlement homosexuel dans l’université.

Puisque ni l’État, ni les professeurs ne garantissent pour le moment de bonnes conditions d’études aux étudiant-e-s, c’est à la communauté des étudiants d’exiger des réformes :

– Nous demandons que, dans le règlement intérieur de Paris-Sorbonne, le harcèlement sexuel soit enfin considéré comme ce qu’il est : un délit grave méritant sanction.

– Nous demandons des salles réservées pour les rendez-vous entre doctorant-e-s et masterant-e-s avec leurs directeurs afin d’éviter que ces mêmes rendez-vous ne se situent dans le domicile des uns ou des autres ou encore dans des cafés.

– Nous demandons la création d’une cellule de prévention et d’accompagnement des démarches judiciaires.

Si vous vous retrouvez confronté à du harcèlement (sexuel ou moral) vous pouvez contacter les syndicats étudiants qui vous accompagneront dans les démarches, le vice-président étudiant, l’association Clashes qui lutte contre le harcèlement sexuel dans le milieu universitaire (clasches@gmail.com) ou le défenseur des droits.