Archives de catégorie : Textes

Mobilisation intersyndicale : non à la marche forcée vers les fusions !

Communiqué du 20 mars 2016

L’AGEPS se joint à la CGT, à FO et à SUD pour appeler la communauté universitaire à participer à un rassemblement demain à partir de 12h30 à l’angle de la rue Clovis et de la rue Descartes, pendant le CNESER, pour refuser les fusions et regroupements d’établissements. Suite au refus du CNESER sur le projet de fusion des universités Paris IV et Paris 6, les organisations signataires s’adressent solennellement au Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche pour demander le respect de l’avis défavorable du CNESER et le respect de la volonté des personnels et usagers de ces deux universités.

Communiqué Inter-syndical

Fusion Paris IV/Paris VI : Campagne de communication

Partant du constat que la majorité de la communauté étudiante n’était pas avertie du projet de fusion entre l’université de Paris-Sorbonne et l’université Pierre et Marie-Curie, l’AGEPS a décidé d’entreprendre une campagne de communication autour de ce thème. Parmi les étudiants intéressés et opposés à ce projet, beaucoup nous ont demandé ce que la communauté étudiante pouvait y faire, et si nous envisagions d’organiser quelque chose.

De deux choses l’une : l’AGEPS est ravie de constater que, contrairement à ce que certains veulent faire croire, la communauté étudiante se sent concernée par les questions universitaires (encore faut-il qu’elle soit mise correctement au courant !) et nous souhaitons apporter ici quelques réponses à vos interrogations et quelques informations susceptibles de vous intéresser.

– Avant d’envisager toute sorte de mobilisation, l’AGEPS souhaite communiquer au maximum cette information à la communauté étudiante. Dans l’état actuel des choses, nous ne pouvons nous permettre d’organiser une quelconque mobilisation, celle-ci risquerait de tomber à l’eau et de décrédibiliser le mouvement.

– l’AGEPS travaille avec les syndicats professionnels de Paris-Sorbonne à l’élaboration d’une Assemblée Générale commune sur la question de la fusion.

– Tous les élus de l’AGEPS travaillent activement autour de cette question, afin de la contrer, et, dans le cas où ce projet verrait malheureusement le jour, de conserver tous les droits étudiants et préserver les Sciences Humaines et Sociales au sein de Paris-Sorbonne.

– La mise en place de ce projet de fusion est avant tout tributaire de la future élection présidentielle (de notre université bien sûr). Si le président actuel, Barthélémy Jobert, est réélu, nous irons tout droit vers la fusion. En revanche, si une liste dissidente contre la fusion émerge et se fait élire, alors nous pourrons réellement envisager les choses autrement. Certains d’entre vous nous demande comment voter. Il s’agit en réalité d’une élection indirecte : seuls les élus du Conseil d’Administration de l’université voteront pour le prochain président. Il s’agit alors pour vous d’élire les bons représentants étudiants lors des futures élections étudiantes.

– Le prochain Sorbonnard Déchainé comportera un article de 6000 signes entièrement consacré à la fusion.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter.

Communiqué : fusion Paris IV – Paris VI

C’est dans la stupéfaction générale qu’a été reçu, mardi 15 septembre, l’annonce de la future fusion de notre université avec l’Université Pierre et Marie-Curie. Une annonce d’autant plus surprenante qu’elle a été faite par mail sans aucune consultation des membres des conseils centraux. L’AGEPS dénonce cette manière de procéder tout en réaffirmant son opposition à une fusion entre Paris-Sorbonne et l’UPMC.

En effet, l’absence de pourparlers avant une telle annonce, place le corps enseignant, administratif, et étudiant en position de fait accompli. Bien que des groupes de discussion soient envisagés par la suite, ceux-ci auraient dû être proposés avant. Une telle absence de démocratie interne ne permet pas d’envisager la prise en compte de nos revendications durant les groupes de discussion, et par conséquent, au sein d’une structure aussi importante que représenterait Paris IV et Paris VI une fois fusionnés.

De plus, maitriser l’art de la rhétorique ne devrait pas permettre à Barthelemy Jobert de mentir allègrement. Pourtant, en affirmant qu’ « il y a quatre ans, les conseils de nos établissements ont été élus dans la perspective de la création d’une université unique », M.Jobert élude les promesses et positions qu’il tenait à cette même époque, à savoir son opposition à l’idée d’une éventuelle fusion.

En plus d’un manque évident de démocratie, la présentation de cette « université unique » divisée en trois facultés semble dès à présent esquisser un déséquilibre criant entre d’une part, les facultés issues des formations que propose l’UPMC (médecine/ sciences et ingénierie) et, d’autre part, la faculté issue des formations que propose Paris-Sorbonne (Lettres et Sciences Humaines et Sociales). De fait, loin d’être une « création », la fusion de nos deux établissements risque avant tout d’être une destruction (emplois, contrats doctoraux, filières rares, … etc.) et risque d’avoir un impact négatif sur l’avenir des Lettres & SHS et des étudiants de Paris-Sorbonne. Une destruction dont l’objectif majeur est d’obtenir une bonne place dans le classement de Shanghai et pourrait à terme amener à une hausse conséquente des frais d’inscription.

L’AGEPS s’est toujours opposée à toute forme de fusion avec l’Université Pierre et Marie Curie, qu’il s’agisse d’une fusion totale des universités ou d’une « mutualisation » de certains services administratifs. En conséquence L’AGEPS s’engage à mettre tout en oeuvre pour éviter ce projet et préserver les droits et intérêts des étudiants de Paris-Sorbonne. Nous appelons également l’ensemble de la communauté étudiante à nous faire part de son avis et à être vigilante à l’évolution de la situation.

Grand Emprunt : Le renforcement des inégalités dans l’enseignement supérieur

Pour Nicolas Sarkozy, l'enseignement supérieur est « la clef de la compétitivité future ». Il met en avant les « chiffres in-con-tour-nables » tels que le budget l'enseignement supérieur en 2006 était équivalent à la moitié de celui des Etats-Unis, d'autant qu'entre 1995 et 2006, ce même budget n'avait cessé de diminuer. Autrement dit, M. Sarkozy stigmatise les précédents gouvernements, dont ceux dont il a fait pourtant partie.

La répartition des 11 milliards d'euros est la suivante :

  • 1,3 milliards pour le plan campus, dont le but est la rénovation de l'immobilier universitaire (universités et logements notamment). Rappelons qu'à l'origine, la vente des actions EDF devait intégralement financer les 5 milliards prévus à cet effet. Or, un cafouillage et une annonce anticipée a fait baisser le prix de l'action, et l'Etat n'a pu récolter que 3,7 milliards d'euros. Pour mémoire, ce sont 3,455 milliards d'euros qui ont été répartis à ce jour entre 15 campus sur 20 cités par le ministère (au 30 septembre 2009).
  • 1 milliard est intégralement dédié au Campus Saclay, la « Silicone Vallée » qui n'a pas bougé « d'un centimètre » depuis sa création. Le but est de réunir les écoles de Paris Tech, l'Ecole Centrale de Paris, l'ENS de Cachan et l'université de Paris XI. Le Campus Saclay a déjà reçu 800 millions d'euros du plan Campus.
  • Enfin, ce sont 8 milliards d'euros destinés à la dizaine de pôles d'excellence définis par l'Etat dans le but de « rivaliser avec les grands universités mondiales ». Le but est de faire émerger des ensembles dynamiques dont on attend qu'elles entraînent derrières elles d'autres pôles moins excellents. Le « processus de sélection » sera « rigoureux » avec peut-être une période probatoire, et les critères définis par un « Jury International ». A ce jour, nous ne connaissons pas la composition de ce dernier. Des conditions sont posées : être bien positionné pour une « excellence mondiale », être passé à la « nouvelle gouvernance », être autonome, mettre en place des « partenariats avec les entreprises » et obtenir des résultats. La dotation pourra atteindre un montant de 1 milliards d'euros, en propriété pleine. Lapsus ou réelle volonté, il a été question de doter « chacune » des universités sélectionnées, non des pôles. Leur utilisation :
  • Achat d'équipements de pointe ;
  • Assurer un Capital générateur de revenus, dans le but de bénéficier de fonds propres, afin que les ressources financières de universités ne soient pas soumises aux aléas budgétaires de l'Etat.

L'apprentissage se voit attribué 500 millions d'euros pour :

  • Hébergement des jeunes apprentis ;
  • Rénovation et mise aux normes des centres de formation ;
  • Achat d'Equipement de machines moderne de pointe.

Enfin, les internats d'excellence sont financés pour la création de 20 000 places supplémentaires (200 millions d'euros ?).

 

La Recherche est créditée de 8 milliards d'euros. Le but est de regrouper les efforts et décloisonner la recherche et l'économie. l'utilité est le développement des équipements, la « musculation » de pôles de compétitivité, avec un accent mis sur les biotechnologies et les nanotechnologies.

l'investissement pour diriger les laboratoires vers l'application industrielle se monte à 3,5 milliards d'euros. Le reste sert à doter en capital des sociétés de valorisation implantées sur de grands campus, comme en Alsace dans la Biotechnologie. Enfin, 2,5 milliards d'euros sont investis dans la Santé et la biotechnologie, dont seuls 5 Instituts Hospitaliers Universitaires verrons la couleur.

 

En conclusion, on constate pour les universités que la répartition n'a pas comme but une amélioration générale des conditions d'étude pour toutes les universités. On finance les mieux implantées au lieu de permettre une meilleure répartition territoriale des moyens. Dans le même temps, l'Etat prépare l'arrêt de son investissement budgétaire avec le conditionnement des dotations : investir sur les marchés financiers pour faire fructifier le capital des universités, ou plutôt des pôles d'excellence universitaire, qui deviennent du même coup des entreprises.

La recherche se voit donc imposée deux axes : vers des technologies de pointe en oubliant qu'elle englobe une multitude de branches pas forcément dirigées vers l'entreprise ; la même politique que pour les universités est appliquée, avec une dotation à investir sur les marchés financiers et la garantie de financement de quelques Instituts Hospitaliers. À ce stade là, une question s'impose : à quand la cotation en bourse ?